Tarn et Garonne, la santé en péril et la mobilisation citoyenne

forum santé

L’intersyndicale des retraités de l’hôpital de Montauban tenait hier soir son forum santé sur le thème « Tarn et Garonne, la santé en péril », un grand moment de participation citoyenne qui nous a permis de faire un état des lieux du niveau de désertification médicale dans ce département.

Malheureusement, comme dans beaucoup d’autres territoires ruraux, le constat qui est fait en Tarn et Garonne est accablant. Alors que la population du département ne cesse d’augmenter, il en est de même du nombre de médecin partant prochainement à la retraite et qui ne seront pas remplacés. Concrètement, sur le terrain, cela se traduit par une forte augmentation des difficultés de la population à accéder aux services de soins de premiers recours.

Les divers témoignages que nous avons pu entendre hier soir font mal au cœur! Les difficultés se multiplient et se diversifient. Diminution des services de santé publics, dépassements d’honoraires extravagants, avancée du désert médical, les conséquences pour la population sont désastreuses. Comme nous avons pu le lire dans la Dépêche du Lot de mercredi,  une femme vient d’accoucher sur un parking car il n’y a plus de maternité à Gourdon. C’est inacceptable !

Mais que fait le gouvernement? Coupes budgétaires, privatisations, marchandisation de notre santé, n’en déplaise au président Macron, le projet de loi de finance de la sécurité sociale 2018 en témoigne, l’austérité mortifère est de rigueur!

La santé n’est pas une marchandise mais un bien commun. Citoyens, élus locaux et usagers doivent absolument s’emparer de ces questions ou nous allons au devant de graves problèmes! Il y a 1% des médecins généralistes qui disparaissent chaque année dans le pays, biens sûr, Montauban ne fait pas exception.

Comme je l’ai expliqué hier soir, et c’était le but de ma venue, aujourd’hui les départements, les communes ou les intercommunalités peuvent être acteurs de la santé publique, notamment par la création de projets de santé viables, soit de Maisons pluri professionnelles libérales, soit de Centres de santé publics.

Aujourd’hui les départements, les communes ou les intercommunalités peuvent être acteurs de la santé publique

Comme je le répète souvent, il n’est pas question de mettre ces 2 types de structures en opposition, mais il est important d’en connaître les différences.

La définition officielle des Maisons de santé indique que celles-ci ont vocation à regrouper des professionnels médicaux et des auxiliaires paramédicaux, et pharmaciens, exerçant en libéral des activités de soins sans hébergement de premier recours et le cas échéant, de second recours. Très similaires, les Centres de santé sont eux aussi des structures sanitaires de proximité sans hébergement, dispensant des activités de soins primaires. La différence réside dans le fait qu’ils ont la particularité d’employer des professionnels de santé salariés, de devoir respecter les tarifs opposables et de pratiquer le tiers payant dans le cadre de leur mission d’accessibilité sociale.

Que cela soit au sein de l’agence régionale de santé, de l’ordre des médecins, ou même du ministère de la santé, la structure libérale fait pour l’instant l’objet de toutes les faveurs, et les maisons de santé libérales se multiplient à un rythme effréné. Les difficultés qui vont avec aussi! Difficulté à trouver ou même maintenir des docteurs au sein de ces structures, dégradation des conditions de travail et de collaboration des professionnels, ou encore refus de pratiquer le tiers payant, nombreux sont ceux qui en reviennent déçus.

Pour notre part, ici au sein de la majorité régionale, les élus du groupe Nouveau Monde en Commun nous sommes battus dès le début de la mandature pour développer un dispositif de soutien aux projets de création de centres de santé ambitieux. Dès le début de l’année, nous avons pu obtenir des avancées considérables. Alors que le conseil régional optait pour un soutien de 20% d’une assiette éligible plafonnée à 650 000€, soit une aide maximum de 130 000 € par projet de maisons de santé, nous avons obtenu un soutien de la région de 30% d’une assiette éligible plafonnée à 650 000€, soit une aide maximum de 195 000 € par projet de centre de santé. Tous les détails sont disponibles ici.

Je renouvelle donc l’appel que j’ai fait hier soir à Montauban, en invitant le collectif citoyen et syndical à s’emparer de cette question et interpeller les élus locaux, pour leur rappeler que des solutions existent et des outils sont disponibles pour que la santé redevienne sociale et solidaire dans nos territoires.

 

 

 

 

 

Publicités