Hôpital de Gramat. Exigeons des moyens pour notre santé !

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20 lits de l’Hôpital Louis Conte, à Gramat dans le Lot, sont menacés de fermeture.

Alors que le gouvernement poursuit sa politique de casse des services publics tout azimut, le mécontentement continu lui aussi de s’agrandir. Je tiens tout particulièrement à féliciter l’ensemble des élus et citoyens qui ont décidé de s’organiser en un collectif de défense de l’hôpital de Gramat. L’heure est à la casse des services publics, sur tous les fronts, et les quelques élus qui s’opposent à cette politique ne peuvent suffire à enrayer ce qui est en train de se passer.

Dans ce sens, il est important de mesurer tout l’intérêt et le poids que peuvent représenter les citoyens lorsqu’ils s’organisent. C’est effectivement l’union qui fait la force, et nous l’avons confirmé avec l’exemple de la gare de Gramat qui a démontré que l’action collective peut peser. Pour l’heure celle-ci n’est pas fermée.

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Entre 250 et 300 manifestants se sont rassemblés mardi 5 juin à 19h devant l’hôpital de Gramat à l’appel du tout jeune « comité de défense ».

Mais c’est désormais au tour de notre service public de médecine de proximité d’être dans la ligne de mire des libéraux avec l’annonce de restructurations majeures de l’hôpital Louis Conte de Gramat. A la clé, une vingtaine de lits du service médecine pourraient disparaître !

Je tenais également à rendre hommage et apporter mon soutien au personnel de cet hôpital. Ces femmes et ces hommes sans qui cette structure ne serait certainement pas ce qu’elle est aujourd’hui. Malgré des conditions de travail souvent difficiles, des manques d’effectifs et de moyens insupportables, ils et elles sont la cheville ouvrière de notre service public de santé de proximité. Avec la suppression de lits et de services, ce sont aussi leurs emplois qui sont en danger.

La politique des gouvernements qui se sont succédé au cours des dernières années mène au démantèlement des services publics, des transports et des structures de proximité. Cette politique conduit à l’enclavement des territoires ruraux et à l’inégalité entre les territoires de notre pays.

Le candidat Macron nous avait promis une « révolution », mais pour développer nos territoires ruraux, il annonce la fermeture de « petites lignes et gares ». Même rengaine pour l’éducation, en marche pour toujours plus de « concentré, recentré » ! Et maintenant pour lutter contre la désertification médicale, un phénomène national qui touche l’ensemble du pays, le gouvernement, via l’ARS, nous annonce la fermeture des hôpitaux de proximité. Une véritable supercherie qui ne peut dissimuler l’intention de ce Président des riches, de travailler dans l’intérêt des « premiers de cordée », et tant pis si ça ne ruisselle pas ! En supprimant l’ISF, les riches auront de quoi profiter des bienfaits de la médecine privée. Pour le reste, ceux  « qui ne sont rien », « les fainéants », il faudra continuer à faire toujours plus avec toujours moins !

Ainsi l’ARS demande à l’hôpital Louis Conte « de présenter un projet de fusion » de l’EHPAD Louis Conte et de la MAPAD Charles de Gaulle, en suggérant même un scénario sans le service de médecine. Nous le constatons partout sur le territoire, ces « fusions » nous conduisent systématiquement à des fermetures de lits en série, et à l’augmentation des inégalités en matière d’accès aux soins.

Depuis le début de l’année, l’ARS a demandé aux collectivités locales d’exprimer leur avis sur le Plan Régional de Santé 2018-2022. Le conseil régional d’Occitanie a émis un avis « très réservé » sur ce projet, notamment en raison du fait que si les ambitions affichées sont toutes louables, il est inquiétant de voir qu’il n’y aura pas de moyens mobilisés pour les atteindre. Face à cette logique comptable et financière, la majorité des départements de notre région se sont aussi exprimés défavorablement, y compris le Lot dont je salue les élus pour cette décision.

Malheureusement, ces « consultations » en resteront à ce qu’elles sont réellement, des effets de communication du gouvernement, qui n’hésitent pas à forcer ses « réformes » au rouleau compresseur de toute façon !

Dans ces circonstances très inquiétantes, je ne peux que réaffirmer mon soutien à ce collectif de citoyens qui ont décidé de s’emparer de la question. Ainsi, j’appelle tous ceux qui aspirent à un système de santé solidaire, accessible à tous, à soutenir en masse la mobilisation de demain devant l’hôpital de Gramat. Exigeons des moyens pour notre santé !

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