Castelsarrasin, Tarn et Garonne. Les centres de santé publics, la solution aux déserts médicaux?

AvecMax

J’ai participé hier, à Castelsarrasin, à la journée de travail et la réunion publique organisées par le Collectif pour la Création de Centres de Santé en Tarn et Garonne (3 CSP 82) sur le thème des déserts médicaux.

L’après-midi a débuté par un temps de travail en présence d’Eric May, président de l’Union Syndicale des Médecins de Centres de Santé (USMCS) avec des élus locaux, des représentants d’associations d’usagers, de syndicats et de membres du collectif  3 CSP 82.

Deux heures de travail qui ont permis aux participants d’obtenir des clarifications sur l’accès aux soins, les dénominations MSP – CSP, la complémentarité des médecines libérales et salariales…

Comme l’a rappelé le Dr May, « les déserts médicaux touchent tous les territoires de France », ruraux et urbains et sont « les conséquences directes des décisions politiques antérieures ». Bien sûr, ce qui est particulier du contexte actuel est que l’on demande désormais aux collectivités d’investir la santé. Celles-ci ont bien pris conscience des enjeux et investissent massivement, notamment via les incitations pour l’installation de médecins. Malheureusement, force est de constater que ces « incitations » ne fonctionnent pas. Alors aujourd’hui « que faire? », et « avec qui? »,  demandaient les participants.

Face à une désertification médicale grimpante, j’ai rappelé l’importance de commencer par un état des lieux. La démarche est ensuite de chercher des solutions, en se demandant  qu’est-ce qu’on fait pour être complémentaire à l’existant et anticiper l’avenir?

Ici on parle de médecine ambulatoire ou de médecine de ville, caractérisée par l’absence de médecins généralistes et des urgences qui débordent. Il faut réimplanter des généralistes en complément de ceux qui existent, c’est un besoin urgent. Mais comment ? C’est en partie pour répondre à cette question que nous avons fait le déplacement hier à Castelsarrasin avec le Dr May.

Deux solutions sont actuellement possibles, mais l’une « est fortement soutenue par les Agences Régionales de Santé. Ce sont les maisons de santé libérales », a expliqué Eric May. « L’autre solution, ce sont les centres de santé publics ».

Les projets de maison de santé libérales ont pour but de favoriser le regroupement de praticiens qui doivent eux-mêmes porter le projet médical. Et c’est bien là toute la difficulté. Les petites collectivités ont beau « mettre la main à la poche » pour organiser des locaux prêts à accueillir d’éventuel médecin et leur projet de santé de proximité, cela reste de plus en plus dur de les convaincre. Souvent ces maisons de santé ne servent finalement qu’à regrouper les praticiens existants sans en attirer de nouveau. Les MSP ont donc « de grandes difficultés à participer à l’amélioration de l’offre de santé locale ainsi qu’à répondre aux objectifs de service public ».

Les centres de santé publics (CSP) quant à eux, ne sont pas portés par les praticiens, mais par les collectivités, qui souvent partent d’un constat, puis d’un diagnostic territorial, à partir duquel elles élaborent leur projet. Ce n’est qu’une fois le projet bien défini et structuré qu’a lieu alors le recrutement de professionnels salariés. L’ensemble du centre de santé est alors géré par un gestionnaire représentant la collectivité.

Deux grandes questions étaient alors dans toutes les bouches hier: En quoi un CSP est plus attirant pour les praticiens? Et comment vont-ils être rémunérés?

Deux questions auxquelles le Dr May a répondu:

L’offre d’un CSP est beaucoup attractive pour les jeunes médecins diplômés. La perspective du salariat, avec un nombre d’heures bordées, des congés payés et des salaires alignés sur les grilles de rémunération hospitalière attirent nombre de jeunes médecins, notamment les femmes qui représentent désormais presque 50% des praticiens. Tout le travail administratif étant pris en charge par le gestionnaire, les médecins d’un centre de santé public ne font « que » de la médecine, ce qui diminue considérablement le nombre d’heures. Enfin, les CSP sont élaborés pour un travail de collaboration entre praticiens, et les patients restent bien les patients du centre. Lorsqu’un médecin décident de quitter une maison de santé, c’est tout le projet qui est remis en question. Lorsqu’un salarié quitte un CSP, « la solution est simple et sans difficulté, avec le recrutement d’un autre salarié », a balayé Eric May.

Concernant les rémunérations dans un CSP, c’est le gestionnaire qui perçoit les rémunérations à l’acte et autres recettes. C’est lui aussi qui prend en charge le coût administratif ainsi que la rémunération des praticiens. « Il n’y a aucune difficulté à équilibrer un centre de santé », a ainsi lancé le Dr May au public.

groupetravail
Une après-midi de travail fructueuse avec le 3 CSP 82 a permis de clarifier nombre de points sur les centres de santé.

Le public Tarn et garonnais est ensuite venu en nombre à 18h30 pour une conférence publique sur le sujet. Maximilien Reynès-Dupleix, animateur du collectif , a ainsi pu rappeler sa démarche d’information sur les CSP. Le Dr May a ensuite présenté divers exemples de centres de santé un peu partout en France. Avant une longue série de questions-réponses avec le public, j’ai présenter le positionnement de soutien de la majorité régionale sur ces centres de santé publics, ainsi que le dispositif  que nous avons mis en place dès le début du mandat.

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De nombreux élus, acteurs associatifs et citoyens sont venus hier soir participer à la conférence publique.
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