Alimentation | Présentation à la presse de la consultation citoyenne alimentation

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Nous avons présenté aujourd’hui avec mon collègue vice-président Vincent Labarthe les résultats de la consultation citoyenne menée par la Région Occitanie en vue de la constitution d’un pacte pour une politique régionale d’alimentation durable.

L’alimentation est un secteur essentiel de l’économie régionale. Avec 164 000 emplois, 82 515 exploitations, 1990 entreprises agro-alimentaires dont 400 coopératives et 160 filiales, l’agriculture et l’agro-alimentaire assure 14% des emplois régionaux, ce qui en fait le premier employeur d’Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, devant le tourisme ou l’aéronautique. Deuxième région agricole de France pour le nombre d’exploitations, 1ere région en surfaces certifiées bio, 1er vignoble sous appellation au monde, 1er rucher de France, 1ère Région européenne en nombre de productions sous Signes Officiels de Qualité et de l’Origine (SIQO), le palmarès agricole et agroalimentaire de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée est une force. Malgré ces atouts, le revenu moyen par actif agricole dans la région reste inférieur de 37% à la moyenne nationale.

Le futur « Pacte régional pour une alimentation durable », qui sera proposé au vote des élus à la fin de l’année, sera le fruit d’une large concertation citoyenne inédite en France, pilotée par Jean-Louis Cazaubon – vice-président en charge de la viticulture et de l’agroalimentaire. Cette concertation s’est déroulée en plusieurs temps :

1er temps  – AUDITIONS- une phase de diagnostic et de réflexion menée entre novembre et avril par la réalisation d’une séquence importante d’auditions d’experts de l’alimentation : producteurs, administrations, chercheurs, médecins, associations de consommateurs et de parents d’élèves, élus, territoires et notamment les Départements, etc… tous ont exposé à quel point l’alimentation était au cœur de leur réflexion.

2nd temps -QUESTIONNAIRE- identification des pratiques, habitudes et attentes des consommateurs d’Occitanie en matière d’alimentation

D’avril à août nous avons donné la parole aux consommateurs d’Occitanie, via une large enquête à laquelle près de 53 000 personnes ont répondu.

3eme  temps -RÉUNIONS TERRITORIALES-  rencontre des consommateurs et acteurs de l’alimentation lors de rencontres territoriales

Lors de 14 réunions territoriales organisées dans tous les départements d’Occitanie nous avons recueilli des centaines de propositions d’actions concrètes. L’ensemble des propositions est consultable en ligne sur le site de la Région.

4eme temps -CONSULTATION- définition de priorités pour le Pacte parmi des actions ayant émergées des phases précédentes de la concertation

Du 15 octobre au 15 novembre, les citoyens pourront participer à la consultation soit en ligne sur la plateforme de la Région dédiée à la concertation citoyenne : laregion.fr/alimentation, soit en remplissant un bulletin papier, notamment disponible dans le journal de la Région.

Analyse des résultats du questionnaire

1.  Mode de recueil des questionnaires

Questionnaire administré du 30 mars au 31 août :

  • en ligne sur le site fr. (67% des réponses obtenues)
  • via la distribution de questionnaires papiers, notamment diffusés dans le journal de la Région. (31% des réponses obtenues)
  • en face-à-face (lors de la Foire Internationale de Toulouse du 7 au 16 avril 2018) et dans plusieurs communes en Occitanie. (2% des réponses obtenues)

2.  Une participation importante

52 809 personnes ont participé à l’enquête, et près de 80% d’entre eux ont complété le questionnaire dans son intégralité.

3.  Profil des répondants

  • Sexe : 2/3 femmes et 1/3 hommes
  • Âge : 50% ont plus de 50 ans
  • Catégorie socio-professionnelle : les cadres, professions libérales et intermédiaires sont les plus nombreux à avoir répondu (35%), les étudiants et demandeurs d’emplois sont les moins nombreux (10%)

A savoir : l’échantillon a été redressé selon les dernières données INSEE issues du recensement 2014 sur le sexe, l’âge, la profession de l’individu, le département de résidence et la catégorie d’agglomération. Ainsi on peut considérer que les résultats de l’enquête sont représentatifs des pratiques des habitants d’Occitanie.

4.  Enseignements du questionnaire  

A.   Quelles attentes pour l’alimentation de demain ?

Pour les répondants il est très important de :

  • « avoir une alimentation respectueuse de l’environnement » pour 96% d’entre eux
  • « avoir une alimentation qui permette aux producteurs de percevoir des revenus décents » pour 96% d’entre eux
  • « limiter le gaspillage alimentaire » 98% d’entre eux
  • « avoir une alimentation saine et équilibrée » 71% d’entre eux

Pour les répondants « manger sainement » signifie avant tout :

  • « Manger des produits de saison » (79%)
  • « Varier / équilibrer les aliments (légumes et fruits, viandes et poissons, féculents …) » (62%)
  • « Consommer des produits locaux » (59%)

B.   Quels lieux d’achats alimentaires ?

Les super ou hyper marchés classiques restent les premiers lieux d’approvisionnement pour 40% des répondants et 70% s’y rendent régulièrement.

(1) Enjeu de travailler avec la grande distribution – lieu principal d’achat –  dans le cadre du Pacte, notamment pour la promotion des produits régionaux

Les marchés (couverts ou de plein air) arrivent en deuxième position des lieux d’achat. Pour 12% des répondants il s’agit du principal lieu d’approvisionnement et 55% des répondants s’y rendent régulièrement.

49% des répondants se rendent régulièrement dans un commerce de proximité et 38% ont régulièrement recours aux « circuits-courts » (vente directe à la ferme, magasins de producteurs, AMAP).

Les personnes n’ayant pas recours aux circuits courts expliquent :

  • ne pas savoir où les trouver (30%)
  • ne pas disposer de ce type de service à proximité de leur domicile (26%)
  • ne pas avoir le temps de s’y rendre (25%)

(2) Enjeu de faciliter l’accès aux produits locaux/régionaux via le développement des circuits-courts

C.    Que trouve-t-on dans les paniers de courses d’Occitanie ?

Des produits locaux

  • 54% des répondants achètent souvent des produits locaux
  • En concurrence, le critère « local » se place devant les critères de qualité et de prix pour 50% des répondants
  • 92% des répondants seraient prêts à privilégier dans leurs achats les produits d’Occitanie s’ils étaient facilement identifiables.

(3) Enjeu d’améliorer l’identification des produits régionaux dans les différents lieux d’achat et de consommation

Des produits bios

  • 43% des répondants achètent souvent des produits bio
  • Le fait qu’un produit soit issu de l’agriculture biologique est le critère d’achat le plus important pour 16% des répondants (ex-aequo avec le critère « local », derrière le critère « qualité » qui est le plus important pour 18% des répondants)

Des produits sous signes de qualité

  • 27% des gens achètent souvent des produits porteurs d’un label de qualité

Des produits Sud de France

  • 20% des répondants achètent souvent des produits Sud de France, 40% de temps en temps
  • Néanmoins, 12% des répondants ne connaissent pas ces produits (proportion supérieure dans les départements de l’ancienne région Midi-Pyrénées)

(4) Enjeu de développement de la marque Sud de France

D.   Bien manger, à quel prix ?

52% des répondants pensent qu’une alimentation saine et équilibrée coûte cher. Cette proportion est plus importante pour les employés, ouvriers, demandeurs d’emplois ; ainsi que dans certains départements (Hérault, Pyrénées-Orientales).

(5) Enjeu : veiller à l’accès à une alimentation de qualité pour tous

E.    Quelles évolutions futures ?

52% des répondants pensent que la qualité des produits va s’améliorer d’un point de vue de l’impact sur la santé.

65% des répondants pensent que les consommateurs sont des acteurs qui peuvent faire évoluer les choses pour favoriser une alimentation durable. 40% citent les collectivités.

78% des répondants sont prêts à participer à des initiatives qui leur permettraient de faciliter l’accès  à des produits locaux de qualité.

(6) Enjeu : animation d’une communauté de citoyens intéressés par l’alimentation et prêts à s’investir

Bilan des rencontres territoriales

Rappels :

14 rencontres ont eu lieu entre début mai et mi-juillet (Tarbes (64), Perpignan (66), Réalmont (81), Cahors (46), Narbonne (11), Fleurance (32), Foix (09), Marvejols (48), Villemade (82), Naucelle (12), Toulouse (31), Montpellier (34), Nîmes (30) et Martres-Tolosane (31).

Ces rencontres ont réuni plus de 1200 participants au sein de 150 groupes de travail sur 10 thématiques (agriculture, transformation, distribution, gaspillage, santé, jeunesse, engagement, communication, précarité, gastronomie) qui ont proposé des centaines d’idées d’actions concrètes pour agir en faveur d’une alimentation saine et durable, qui soit bonne pour la santé, préserve l’environnement et le bien-être animal tout en permettant aux agriculteurs de vivre décemment de leur métier. Les synthèses de ces rencontres sont disponibles en ligne sur le site de la Région.

Les participants étaient à la fois des citoyens et des acteurs et partenaires en lien avec l’alimentation (collectivités, interprofessions, chambres d’agriculture, associations…).

Synthèse des résultats :

(Réalisée par l’AMO mobilisé pour la concertation et l’animation des réunions territoriales ; « Du Vert dans les Rouages »)

Les grands thèmes abordés lors des rencontres sont ici traités sous l’angle du citoyen : “en tant que citoyen, ce que je souhaite c’est…

1 – qu’on me propose des produits de qualité

Qu’est-ce qu’un produit de qualité ? C’est un produit qui est sain et qui a du goût, de saison, produit localement et de manière durable. Pour moi, cela passe d’abord par la formation et le soutien des acteurs de la chaîne alimentaire.

Quelques propositions :

  • favoriser la conversion au bio et les pratiques responsables
  • former les agriculteurs à l’agriculture durable
  • former les cuisiniers au travail de produits frais, locaux et de saison
  • Sensibiliser les restaurateurs au gaspillage alimentaire
  • développer le “fait-maison” dans les restaurants
  • favoriser les initiatives citoyennes et les projets innovants

2 – que je puisse trouver facilement ces produits

Concrètement, je veux qu’on me facilite la vie pour que je puisse réaliser des achats responsables de manière simple et accessible. Pour moi, cela passe par la création et le déploiement de nouveaux modèles de distribution.

Quelques propositions :

  • développer les coopératives d’agriculteurs-vendeurs
  • des coopératives d’acheteurs (supermarchés coopératifs, groupements d’achat),
  • créer une plateforme régionale de distribution avec système d’achats en ligne
  • des produits mieux distribués et mis en valeur par les GMS, des rayons dédiés
  • valoriser le rôle des artisans locaux dans la distribution
  • développer les points relais et la vente à domicile, créer des drives de produits locaux
  • cartographier les initiatives locales, les mettre en lumière, les aider à communiquer
  • identifier les restaurateurs travaillant des produits locaux, de saison…

3 – que je sache ce que j’achète et ce que je mange

J’ai besoin de pouvoir identifier simplement la qualité des produits, via une information fiable, exigeante et contrôlée. Pour moi, cela passe par une information globale et transparente sur la qualité réelle des produits : origine, mode de production, coût global, impacts indirects…

Quelques propositions :

  • créer une marque exigeante et intégrative : bio, local, équitable…
  • homogénéiser par le haut les labels existants
  • raconter l’histoire et la provenance des produits par un étiquetage spécifique
  • identifier les circuits de distribution (traçabilité kilométrique)
  • identifier les externalités (coût environnemental des produits)
  • garantir la neutralité sanitaire, écologique et sociale des produits

4 – que la restauration collective soit exemplaire

A quoi servirait de faire des efforts à la maison si mes enfants mangent mal à l’école ou que je n’ai accès qu’à des produits industriels sur ma pause du midi ? Pour moi, l’amélioration de la situation passe par des pratiques exemplaires et vertueuses de la part des restaurants collectifs et des cantines.

Quelques propositions :

  • des collectivités locales volontaires et exigeantes
  • du personnel formé dans les cantines, plus de cuisiniers et moins de plats préparés
  • plus de produits bio dans la restauration collective
  • un repas végétarien régulier dans les cantines scolaires
  • créer un salon annuel de la consommation en Région

5 – qu’on sensibilise les enfants et leurs parents à la question alimentaire

La connaissance, c’est la base pour préparer un avenir meilleur ! Pour moi, cela passe par une meilleure éducation au goût, à la santé, à l’impact de ce que nous mangeons, de ce que nous consommons (éducation à l’école mais aussi sensibilisation des adultes).

Quelques propositions :

  • créer de supports pédagogiques spécifiques
  • intégrer l’alimentation dans les programmes de l’éducation nationale
  • créer un ou des lieux dédiés à l’alimentation et à la gastronomie pour informer, échanger, rencontrer…
  • organiser des rencontres avec des producteurs, des chefs, intervenir dans les cantines
  • créer des ateliers avec les parents pour goûter des produits bruts, cuisiner…
  • intervenir lors de la semaine du goût pour apprendre à cuisiner, valoriser les restes…
  • mieux former les équipes pédagogiques au gaspillage, à la surconsommation…
  • développer les jardins pédagogiques et productifs dans les écoles
  • sensibiliser sur les lieux d’achats, créer des “discosoupes”
  • développer l’esprit critique face au lobbying et à la publicité

6 – qu’on agisse collectivement en faveur du renouveau de l’agriculture

A quoi servirait de consommer local si les producteurs ne peuvent pas en vivre ? Pour moi, lutter contre la précarité des producteurs passe par la structuration des filières locales de qualité et l’accompagnement des agriculteurs.

Quelques propositions :

  • mettre en avant le caractère équitable des produits
  • développer des coopératives pour mutualiser les outils (production et distribution)
  • créer des ateliers de transformation locaux
  • créer un observatoire des filières de proximité et favoriser leur développement
  • favoriser l’implantation de jeunes agriculteurs
  • favoriser l’accès au foncier en mobilisant des outils innovants
  • faciliter la vie des agriculteurs, notamment au niveau administratif (micro-dossiers…)
  • développer un accompagnement technique, matériel et financier des producteurs
  • aider les agriculteurs à répondre aux appels d’offre
  • capter localement la valeur ajoutée, par exemple avec des monnaies locales

7 – que l’alimentation soit un vecteur de lien et de justice social

Tout le monde doit pouvoir manger, et bien manger ! Pour moi, cela passe par une prise de conscience collective des enjeux sociaux liés à l’alimentation.

Quelques propositions :

  • expérimenter la gratuité des cantines
  • mobiliser les dispositifs d’insertion sur le maraîchage et les métiers de bouche
  • créer une caravane alimentaire itinérante
  • développer des jardins partagés et familiaux, les poulaillers partagés
  • développer des ateliers culinaires intergénérationnels
  • agir sur les problèmes d’obésité, d’addiction, de troubles alimentaires
  • créer des espaces verts plantés de légumes en libre accès”

Consultation citoyenne : modalités de participation

La consultation  citoyenne se déroulera sur une période de 1 mois, du 15 octobre au 15 novembre.

Au cours de cette consultation,  les citoyens d’Occitanie sont invités à exprimer leurs priorités parmi un ensemble d’actions issues de la concertation. Cette nouvelle forme de démocratie, plus inclusive et proche du terrain et du territoire, est une 1ère en France. La Région Occitanie fait ainsi la démonstration que les citoyens veulent et peuvent participer au processus décisionnel et contribuent ainsi à l’élaboration d’une nouvelle politique régionale.

Deux  moyens de participer :

  • via la plateforme de la Région dédiée à la concertation citoyenne : laregioncitoyenne.fr
  • en remplissant un bulletin papier qui sera notamment disponible dans le journal de la Région mais également distribué via les Maisons de Région, les lycées et lors d’opérations de terrains réalisées en lien avec les élus (deux opérations à prévoir par département).

Les actions qui seront soumises aux citoyens s’inscrivent dans quatre grandes thématiques, au cœur des attentes exprimées lors de la concertation.

Les thématiques identifiées sont les suivantes :

  • Environnement et santé : pour une agriculture durable

Avec des questions portant sur :

  • l’accompagnement à l’adoption de pratiques agricoles durables
  • l’accélération de la recherche d’alternatives aux pesticides
  • la transmission des exploitations
  • le bien-être animal
  • Favoriser la consommation de produits d’Occitanie

Avec des questions portant sur :

  • le soutien de la vente de proximité
  • la présence de produits régionaux dans les supermarchés
  • l’identification des produits régionaux
  • l’introduction de produits locaux, bio et de qualité dans les restaurants scolaires.
  • Éducation : permettre à chacun de choisir son alimentation

Avec des questions portant sur :

  • la création de points d’information citoyens sur l’alimentation et la cuisine
  • l’apprentissage du jardinage, de la cuisine et de la nutrition aux lycéens
  • l’organisation de financements participatifs citoyens
  • le soutien de l’aide alimentaire régionale
  • Innover du champ à l’assiette, au juste prix, pour tous

Avec des questions portant sur :

  • la garantie d’un juste salaire aux professionnels de l’alimentation
  • l’innovation dans les entreprises agroalimentaires
  • l’innovation dans la lutte contre le gaspillage alimentaire
  • l’innovation dans les exploitations agricoles

Les citoyens seront également invités à s’exprimer sur l’intensité de l’augmentation du budget que la Région consacre actuellement à l’agriculture et l’alimentation en vue de la réalisation du « Pacte pour une alimentation durable en Occitanie ».

Le futur « Pacte pour une alimentation durable en Occitanie » qui sera présenté au vote des élus lors de l’Assemblée plénière des 20 et 21 décembre 2018, tiendra compte des priorités qui auront été exprimées par les habitants d’Occitanie lors de cette consultation citoyenne.

 

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